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40 ans de prison pour avoir été infectée par un adware

Written by Jerome Saiz (SecurityVibes)
Published on Thursday 18 January 2007
0 comment(s) | Subnetwork France
 
Une institutrice américaine a été jugée coupable d'avoir présenté des images pornographique à ses jeunes élèves. Seulement voilà : le PC de la classe était infecté par plusieurs adwares et les images provenaient de popup sauvages sur lesquelles elle n'avait aucun contrôle. Rien n'y fait : pour la justice américaine Julie Amero est coupable. Elle risque aujourd'hui jusqu'à quarante ans de prison malgré le tollé général et un déluge d'avis d'experts reconnus. Tous tentent de faire entendre raison à un juge manifestement peu au fait des réalités techniques. En vain pour l'instant.

Lorsque le PC d'une classe d'école primaire américaine se met à cracher des publicités pornographiques à l'écran, l'embarras est bien évidement au rendez-vous. Mais qui est responsable ? La justice américaine a décidé que c'était l'institutrice de la classe. Elle aurait "stocké des images pornographiques" et "accédé à des sites X" selon l'accusation. Et le juge a suivi : l'institutrice Julie Amero a été jugée coupable et risque désormais jusqu'à quarante ans de prison pour avoir montré à ses jeunes élèves des images inappropriées.

Et pourtant elle n'y est probablement pour pas grand chose : la contre-expertise commandée par la défense a montré que le PC de la classe n'était pas protégé contre les spyware (son anti-spyware était périmé) et l'analyse du disque dur a révélé que le système était abondamment infecté par plusieurs adwares à caractères pornographiques. Pourtant rien de tout cela n'a été versé au dossier : les enquêteurs n'ont procédé à aucune recherche de spyware sur le systèmes. Ils se sont contentés de noter que l'ordinateur stockait des images pornographique (dans le cache du navigateur, ce qui est un comportement normal lorsque ce dernier affiche des images depuis une page web) et qu'il avait été utilisé pour accéder à des sites X (ce qui est aussi normal puisque les adwares génèrent une requête classique, à travers le navigateur, pour afficher leurs pages de publicité). La contre-expertise aurait également identifié le site par lequel le système aurait été infecté (un site sur la coiffure)

L'institutrice aurait également signalé l'incident immédiatement aux autorités de l'école, et aurait physiquement empêché les enfants d'accéder au PC. Mais rien de tout cela semble avoir mis la puce à l'oreille du jury. Un jury dont il ne serait finalement pas très étonnant que les ordinateurs personnels de certains de ses membres soient également infectés par un quelconque bot ou autre code malicieux tellement cela est devenu courant.

Cette décision de justice est bien évidemment totalement contestable. Maintenant, sur le fond, pourquoi pas ? A regarder les journaux de connexion du serveur des Nouvelles.net, nous aurions bien quelques milliers d'adresses IP d'internautes du monde entier à mettre en prison. Leurs PC, détournés eux aussi par des spywares, nous coûtent cher en bande passante. Et puis tant que nous y sommes, pourquoi ne pas coffrer non plus les responsables des fournisseurs d'accès, qui ne font pour l'essentiel rien afin d'isoler les PC infectés sur leur réseau ? Et les administrateurs de serveurs SMTP exploités par des spammeurs ? Ah, c'est sûr, on vivrait plus tranquillement ! Mais sans Internet.

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